La décision rendue par la Cour suprême en 1999 dans les affaires Meiorin et Grismer a précisé la nécessité pour les employeurs et les fournisseurs de services de mettre tout en œuvre, sans toutefois s’imposer de contrainte excessive, pour garantir que l’ensemble des activités organisationnelles tiennent compte des besoins de leur effectif. En d’autres termes, les employeurs ne devraient plus simplement s’en remettre à une politique sur les mesures d’adaptation pour répondre aux demandes des employés susceptibles d’être victimes de discrimination en milieu de travail. Ils devraient plutôt examiner de près l’ensemble de leurs activités et programmes organisationnels, y compris les politiques, les pratiques, les règles, les normes, les achats et les décisions relatives aux biens immobiliers, et prendre toutes les mesures possibles pour supprimer les obstacles discriminatoires qui peuvent en découler. Par exemple, une règle générale selon laquelle tous les employés doivent être disposés à effectuer des voyages de plus de 24 heures pourrait être à l’origine d’une discrimination fondée sur la situation de famille parce qu’elle aura tendance à mettre à l’écart les personnes ayant des responsabilités familiales. Il conviendra d’étudier en profondeur cette règle pour veiller à ce qu’elle s’applique uniquement aux postes pour lesquels ces voyages constituent une fonction essentielle de l’emploi. De même, avant de prendre une décision relativement à l’achat de nouvelles technologies de communication, il importe de vérifier si ces technologies seront pleinement accessibles aux personnes ayant une déficience ou s’il existe des interfaces compatibles qui permettront à ces personnes de les utiliser. Le simple fait de procéder à ces vérifications évitera souvent d’être obligé de prendre des mesures d’adaptation individuelles. Il convient de rappeler, cependant, qu’il faudra néanmoins, dans certains cas, prendre des mesures d’adaptation particulières pour un employé. Par exemple, les croyances religieuses d’un employé pourraient l’obliger à s’absenter du travail certains jours pour remplir des obligations religieuses, à respecter des pauses-prière durant les heures de travail, à se conformer à un certain code vestimentaire ou à suivre un régime alimentaire particulier. Une organisation peut s’être dotée d’une politique sur l’horaire variable qui vise à éviter la discrimination fondée sur les croyances religieuses. Toutefois, il est possible qu’une personne doive respecter des engagements religieux bien précis à une période de l’année qui n’est pas prévue dans la politique générale. Il faudra donc prendre des mesures pour tenir compte des besoins de cette personne, sauf s’il en résulte une contrainte excessive. Les gestionnaires devraient envisager divers régimes de travail souples. De même, l’aménagement d’une salle de toilette dans l’aire réservée au personnel peut respecter les normes de conception requises pour que les personnes à mobilité réduite ou se déplaçant en fauteuil roulant puissant dans toute la mesure du possible y avoir accès. Les normes générales de conception énoncées dans les règlements de construction ne peuvent évidemment pas répondre aux besoins de chaque personne, mais il est raisonnable de s’attendre à ce que les employeurs les utilisent lorsqu’ils procèdent à des aménagements. Toutefois, un employé pourrait avoir besoin d’une mesure d’adaptation individuelle comme l’ajout d’une barre de soutien à un endroit précis pour lui faciliter l’usage du lieu. Le fait que l’employeur ait pris soin d’intégrer toutes les mesures d’adaptation à l’aménagement de base ne signifie pas pour autant qu’il n’aura pas à prendre une mesure personnalisée, sauf s’il en résulte une contrainte excessive. |