
La Charte canadienne des droits et libertés
Ottawa, Canada
17 avril 1982
De tous les faits saillants de l'histoire des droits de la personne au
20e siècle au Canada, celui qui est sans aucun doute le plus important
est l'adoption de la Charte des droits et libertés. Grâce
à la signature de cet acte, les droits de la personne sont devenus
une partie intrinsèque et irrévocable de notre identité
canadienne.
Au tournant du siècle, les droits de la personne étaient
à la merci des lois adoptées par les gouvernements provinciaux
et fédéral. Cette instabilité a ouvert la voie à
la discrimination. Par exemple, les Canadiens chinois ont obtenu le droit
de vote parce qu'il s'agissait d'une décision du public et pas
nécessairement parce qu'il s'agissait de la bonne décision.
Ils auraient pu facilement avoir perdu ce droit si le public s'était
prononcé contre eux.
La Seconde Guerre mondiale a fait place au changement. Les horreurs de
la guerre ont mené à la création des Nations Unies
en 1945. L'ONU, à son tour, a adopté la Déclaration
universelle des droits de l'homme en 1948. La déclaration affirme
que les hommes ont des droits fondamentaux simplement à cause de
leur appartenance à la famille humaine. Les Nations Unies ont déterminé
qu'aucune loi ne pourrait, en aucun temps, usurper ces droits.
L'engagement du Canada à l'égard de ces " droits de
l'homme " s'est d'abord manifesté par l'adoption de la Déclaration
canadienne des droits. Par contre, malgré ses bonnes intentions,
la Déclaration des droits était une loi fédérale
difficile à appliquer. Il a fallu attendre l'arrivée d'un
visionnaire, le premier ministre Pierre Elliott Trudeau, pour réaliser
le rêve des Nations Unies d'avoir des droits de l'homme inattaquables.
En 1982, le premier ministre Trudeau a rapatrié la Constitution
canadienne et, avec elle, la nouvelle Charte des droits et libertés.
La Charte vise à protéger les droits individuels en empêchant
l'adoption de lois qui discriminent injustement ou qui retirent des droits
fondamentaux. Elle reconnaît que toutes les personnes, peu importe
leur couleur, leur race ou leurs croyances, possèdent certains
droits fondamentaux qu'aucun gouvernement n'a le droit de retirer sans
juste cause.
Le nouveau document a été reçu avec beaucoup d'exaltation
et une certaine trépidation. L'exaltation est due au fait qu'en
tant que partie intégrante de la Constitution, la Charte a le pouvoir
de protéger et d'étendre les droits de l'homme. La trépidation
vient du fait que la Charte transférera certains pouvoirs des représentants
élus aux tribunaux. Pour certains, cela ne semblait pas démocratique.
Dans les années qui ont suivi la signature de la Charte, les limites
de celle-ci ont été mises à l'épreuve. Le
Canada a appris que même les droits de la personne ne sont pas absolus.
C'est pourquoi la Charte a intégré l'article
1. Celui-ci énonce que l'imposition de limites relativement
aux droits est acceptable si ces limites peuvent être justifiées
dans le cadre d'une " société libre et démocratique
". La Charte comprend aussi une clause de dérogation, l'article
33. Celui-ci accorde à un gouvernement le pouvoir
de déroger à certains droits de la Charte. Plus tard, cet
article serait connu sous le nom de " disposition dérogatoire
".
Par contre, jusqu'à ce jour, la Charte des droits et libertés
continue de défendre les principes de liberté et de dignité
qui nous définissent en tant que Canadiens.
Le saviez-vous?
La Charte est connue de façon technique sous le nom de Annexe
B, Partie I de la Loi constitutionnelle de 1982.
Avant la Charte |
La Constitution |
Les gouvernements fédéral et provinciaux |
Les lois qui peuvent créer ou retirer
des droits |
Après la Charte |
La Constitution / la Charte |
Les gouvernements fédéral et provinciaux |
Les lois qui peuvent créer ou retirer
des droits |
Les lois qui doivent respecter la Charte |
Voulez-vous en savoir davantage?
Résumé des droits de la Charte
Quelques mots sur l'interprétation de
la Charte
 |
Les hauts fonctionnaires du ministère
de la Justice préparent les premières ébauches
de la Constitution de 1982 |
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canadienne des droits et libertés
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