
Duplessis contre les Témoins de Jéhovah :
troisième round - partie 1
Rue Crescent
Montréal (Québec)
4 décembre 1946
Il y a trois rounds dans un match de boxe olympique. La bataille entre
le gouvernement du Québec et les Témoins de Jéhovah
compte également trois rounds. Le premier ministre se fait mettre
au tapis, mais le combat n'est pas de tout repos.
Ce dernier round est déclenché par un homme appelé
Frank Roncarelli, propriétaire de restaurant et Témoin de
Jéhovah. Le père de Frank ouvre le restaurant de la rue
Crescent, en 1912. Au cours de ses 34 années d'existence, le restaurant
possède toujours un permis de vente d'alcool. Le 4 décembre
1946, tout change. Frank apprend que son permis est révoqué
par le gouvernement, ce qui menace la survie de l'entreprise familiale.
Frank n'y comprend rien. Enfreint-il la loi?
Non. Frank est tout simplement un des Témoins de Jéhovah
qui sont harcelés - tout comme Saumur et Boucher. Étant
un homme d'affaires très prospère, Frank paie la caution
des Témoins de Jéhovah qui sont emprisonnés pour
avoir distribué des brochures religieuses. Les autorités
locales n'aiment pas la participation de Frank dans ces affaires. Elles
indiquent à Frank qu'elles n'accepteront plus ses cautions. Les
Témoins de Jéhovah emprisonnés doivent faire leur
temps « à l'ombre. » Peu après, son permis est
révoqué. Pure coïncidence? Frank Roncarelli n'y croit
pas.
Quel est le résultat de tout cela? Projetons-nous
six mois plus tard...
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