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Programme de recherche

2. Cadre méthodologique

2.1 Sources et critères de recherche

Trois méthodes principales ont été utilisées pour identifier les documents recensés : 1) la consultation de banques de données informatisées et de moteurs de recherche documentaire, 2) la méthode « boule de neige », qui consiste à consulter les références des textes déjà obtenus et 3) les recommandations d’experts de divers domaines.

Les banques de données et moteurs de recherche consultés incluent: Cambridge Journals Online, Cambridge Scientific Abstracts, Canadian Research Index, ERIC, FRANCIS, Google Scholar, JSTOR, ProQuest, PsycARTICLES, PsycInfo, Research Library, Sage Journals Online et Science Direct.

Treize organismes ont été contactés en raison de leur expertise au regard du profilage. À la date de tombée du rapport, quatre de ces organismes avaient accepté notre demande de collaboration alors que deux l’avaient décliné. Aucune réponse n’a été reçue des autres organismes.

Nous tenons d’ailleurs à souligner la collaboration exceptionnelle de la Police provinciale de l’Ontario (Angela Eke, Kathryn J. Lines et Jim Van Allen), de l’International Criminal Investigative Analysis Fellowship (Glenn Woods) et de la Police fédérale belge (Françoise Godefroid).

Organismes contactés et réponse en date du 31 octobre 2008

OrganismePaysRéponse
BundeskriminalamtAllemagneAucune
Agence des services frontaliers du CanadaCanadaNégative
Drug Enforcement AdministrationÉtats-UnisAucune
Federal Bureau of InvestigationÉtats-UnisNégative
Gendarmerie royale du CanadaCanadaPositive
Home OfficeAngleterreAucune
International Criminal Investigative Analysis FellowshipInternationalPositive
MI5AngleterreAucune
Police fédérale belgeBelgiquePositive
Police provinciale de l’OntarioCanadaPositive
Polizia di StatoItalieAucune
Sûreté du QuébecCanadaAucune
U.S. Customs and Border ProtectionÉtats-UnisAucune

Les prochaines sous-sections précisent nos critères de recherche et catégorisent les 277 documents obtenus.

2.1.1 Discipline de provenance

Les textes recensés proviennent d’un éventail de disciplines, mais majoritairement de la criminologie (200), de la psychologie (70) et du droit (42). Les écrits provenant du domaine de l’éducation touchent spécifiquement le phénomène des fusillades en milieu scolaire.

Disciplines de provenance des documents 1

Disciplinen
Criminologie200
Psychologie70
Droit42
Sociologie23
Sciences politiques12
Éducation10
Économie7
Psychiatrie4
Informatique2

2.1.2 Année de publication

Année de publication des documents recensés

année de publication des documents recensés

Les écrits recensés couvrent une période s’étalant de 1965 à 2008. L’intérêt de la communauté scientifique à l’égard du profilage demeure en plein essor depuis le début des années 1990 : de cinq textes recensés entre 1980 et 1989, le volume des publications obtenues passe à 188 pour la décennie de 2000 à 2009.

2.1.3 Type de document

La recension des écrits a permis de consulter divers types de documents, en majorité des articles scientifiques parus dans des revues arbitrées (196). Ce type de publications, ainsi que les rapports présentés à divers organismes gouvernementaux, constituent les sources de données les plus pertinentes et, généralement, les plus crédibles.

Types de documents recensés

Typen
Articles scientifiques196
Livres ou chapitres de livres30
Décisions de tribunaux16
Articles non scientifiques15
Rapports14
Correspondance3
Documents de travail1
Condensés de recherches1

Brochure

1

2.1.4 Langue de publication

Dans le cadre de cette étude, l’équipe de recherche a consulté 262 documents en anglais et 15 documents en français (les documents disponibles dans les deux langues sont considérés dans la langue dans laquelle ils ont été lus).

2.2 Mots-clés

La recherche de documents a impliqué l’utilisation de banques de données informatisées et de moteurs de recherche documentaire (Google Scholar, PsycInfo, Science Direct, etc.). Les mots-clés utilisés pour interroger les moteurs de recherche incluent notamment behavioral profiling (profilage comportemental), crime mapping (géocriminalité), crime pattern (schémas criminels), crime scene profiling (profilage de scènes de crimes), criminal assessment (évaluation criminelle), criminal profiling (profilage criminel), distance decay (diminution en fonction de la distance), ethnic profiling (profilage ethnique), geographic profiling (profilage géographique), investigative psychology (psychologie d’enquête), offender profiling (profilage de délinquants), personality profiling (profilage de personnalité), profiles (profils), profiling (profilage), prospective profiling (profilage prospectif), psychological profiling (profilage psychologique), racial profiling (profilage racial), recidivism (récidive), repeat offending (infractions multiples), school shootings (fusillades en milieu scolaire) et terrorist profiling (profilage de terroristes).

2.3 Classification des documents

2.3.1 Traitement du sujet

Les documents étaient premièrement classés selon la façon dont ils abordaient le sujet du profilage. Le traitement empirique (144 textes), qui suppose le recueil et l’analyse de données, a été privilégié pour l’évaluation de l’efficacité du profilage.

Traitement du sujet

Traitementn
Empirique144
Théorique58
Commentaire / essai41
Recension d’écrits25
Décision de tribunaux17
Manuel de référence9

2.3.2 Approche

Les documents étaient ensuite classés selon leur approche du sujet. L’approche empirique la plus fréquente s’avère l’approche quantitative (93).

Approches du sujet 2

Approchen
Empirique quantitative93
Étude de cas44
Empirique qualitative25
Analyse démographique23
Actuarielle23
Simulation mathématique15
Analyse des contrôles routiers12
Probabiliste 10

2.3.3 Pays

Les documents consultés couvrent des expériences de profilage dans dix pays répartis sur quatre continents : Amérique du Nord (Canada et États-Unis), Europe (Belgique, Finlande, France, Royaume-Uni et Suède), Asie (Corée du Sud et Japon) et Océanie (Australie).

2.3.4 Critères de profilage

Des textes consultés, 198 traitaient du profilage comportemental, 127 s’appuyaient sur des critères sociodémographiques (dont le profilage racial) et 49 abordaient le profilage géographique. Un même texte pouvait toucher plus d ’un type de critères de profilage.

2.3.5 Type d’intervention visé

Type d’intervention visé 3

Interventionn
Arrestation à la suite d’un crime101
Prévention (sans information crédible)92
Évaluation de la dangerosité d’un individu38
Prévention (information sur le crime)27
Prévention (information sur le crime et les suspects)22
Instruction (témoignage en cour)19

Le type d’action visé par le profilage peut être divisé en six catégories : 1) l’arrestation à la suite d’un crime, 2) la prévention d’un crime sans information spécifique, 3) la prévention d’un crime avec informations crédibles sur le crime à commettre, 4) la prévention d’un crime avec informations sur le crime et les individus susceptibles de le commettre, 5) l’évaluation de la dangerosité ou du risque de récidive d’un prévenu et 6) le témoignage d’experts lors de la phase de procès.

2.4 Critères d’analyse

L’analyse des documents recueillis, particulièrement des résultats de recherches empiriques, a été effectuée à l’aide de deux critères : le niveau et la force de la preuve. Auparavant toutefois, les études dont le devis méthodologique comportait des carences majeures au point d’en miner la crédibilité étaient systématiquement éliminées.

2.4.1 Niveau de preuve

Le premier critère, le niveau de la preuve, permet de porter un jugement sur le devis méthodologique proposé par l’étude analysée. Les documents étaient ainsi classés selon trois niveaux de preuve :

Théorique : le document ne porte pas directement sur l’efficacité du profilage – il n’aborde peut-être même pas directement le profilage – mais aborde plutôt empiriquement les liens entre scènes de crime, comportements criminels, traits de personnalité, etc. Ces liens contribuent à établir des bases théoriques suggérant l’efficacité possible ou probable du profilage. Les travaux de Salfati, par exemple, appartiennent à cette catégorie;

Empirique restreint : le document traite directement de l’efficacité du profilage mais dans un contexte artificiel, tel celui du laboratoire. L’étude du profilage hors de son contexte naturel d’exercice permet au mieux de soutenir une efficacité possible ou probable empiriquement. La plupart des articles empiriques portant sur le profilage, dont les travaux de Kocsis (lorsqu’ils sont suffisamment solides méthodologiquement), sont de ce type;

Empirique large : le document étudie directement l’efficacité du profilage en situation authentique, c’est-à-dire que les données analysées proviennent de la pratique réelle du profilage par les forces policières. L’étude de Copson (1995) constitue l’un des rares exemples de ce type de texte.

2.4.2 Force de la preuve

La force de la preuve qualifie la magnitude de l’appui apporté par les résultats d’une recherche en faveur de l’hypothèse selon laquelle le profilage serait efficace. Encore ici, les documents dont la crédibilité était jugée suffisante étaient classés selon trois niveaux hiérarchiques :

  1. Aucun soutien : les résultats sont crédibles et suggèrent que le profilage ne constituerait pas une méthode d’enquête ou de prévention efficace. C’est le cas notamment des études portant sur le profilage racial;
  2. Soutien possible : les résultats sont crédibles mais ne rencontrent pas tous les critères scientifiques permettant l’établissement d’une relation causale entre l’utilisation du profilage et une amélioration des résultats des enquêtes policières ou de la prévention du crime. Néanmoins, l’efficacité du profilage demeure l’une des hypothèses pouvant expliquer les résultats;
  3. Soutien fort : les résultats sont crédibles et respectent les critères scientifiques permettant raisonnablement d’établir un lien de cause à effet entre le profilage et le succès des enquêtes ou la prévention du crime. Dans ce cas, l’efficacité du profilage ne ferait aucun doute.

1. Certains documents correspondent à plus d’une discipline.
2. Un même document peut utiliser plus d’une approche.
3. Un même document peut aborder plus d’un type d’intervention.

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